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Les Egungun
(squelette en Yorouba)
constituent un culte célébré pour
rendre hommage aux morts.
Par ce culte des Egungun, on va
demander aux morts la
paix et le bien-être.
Les Egungun vont donc sortir
à des
occasions précises, lors des mariages, des naissances, des
baptêmes,
des décès
d’un des leurs ou même lors de
l’inauguration d’une maison, ou lors des grandes
sorties saisonnières.
Les Egungun dansent
sur des rythmes de tam-tams joués. Un pour le dieu Orisha Shango (dieu du tonnerre)
appelé Ogbon, et un autre (parmi tant d'autres) appelé Bata.
Le rythme
bata est aussi considéré comme une
divinité yoruba ; et à ce titre, il peut
s’exprimer comme un humain
et ceux qui comprennent le yoruba traditionnel
peuvent décoder les phrases que le Oni-Ilu
est en train de lui faire dire,
et le cas échéant enchaîner avec la
chanson
appropriée aux paroles.
Cette danse est la
réincarnation circonstancielle
d'un ancêtre qui vient ainsi manifester
son humeur et sa présence parmi les
siens.
Les Egungun ne sortent que le jour,
mais
des évènements d’une certaine
gravité ou une veillée,
peuvent amener les Egungun
à sortir la nuit et ceci dans
leur couvent appelé Igbalè.
Les Egungun sont toujours richement
habillés avec d’étoffes très
colorées.
Souvent les tenues sont réalisées dans
du velours rehaussé avec des paillettes ;
elles sont décorées par divers
motifs : animaux (oiseau,
éléphant…), étoile, soleil,
lune…
Ces motifs
peuvent être le fait de la recherche d’une
esthétique ou la
représentation d’un symbolisme clanique.
Quant à la
danse très animée chez les Egungun,
elle est souvent ponctuée de courses poursuites
entre le Egungun et les
spectateurs. Des initiés appelés Mariwo
utilisent un bâton appelé Itchan,
pour empêcher les Egungun
d’entrer en contact physique
avec les spectateurs
car le pagne du Egungun ne
doit pas toucher un vivant. Si cela se produit, le vivant en meurt.
Les Egungun ne
représentent pas une
mascarade au sens théâtral du mot.
Ce sont réellement des esprits qui sont
revenus parmi les mortels et seuls des hommes avertis
ont la possibilité d’être
initiés à leur mystère. Cependant,
l’exception est faite à une
et une seule
femme qu’on appelle Iya Agan,
une
vieille femme ménopausée,
et qui est la seule à pénétrer le
secret des Egungun.
Avant de s'en aller rejoindre le lieu d'une
cérémonie, un
groupe de revenants sort du couvent (Igbale)
réservé aux
initiés (Mariwo). Les
revenants saluent et
bénissent les tambourinaires,
vantent leur propre puissance, et évoquent le
caractère extraordinaire du culte.
Si les paraboles où mots forts, au
travers desquels ils énoncent leur
volonté
ou expriment leurs bénédictions, sont
d'une richesse poétique et d'une profondeur
fabuleuse,
ils reçoivent aussi à
travers l'esquisse de gestes ou de pas de danses raffinés un
accompagnement
gestuel
qui s'impose comme la signature rythmée de leur
esthétique et de leur
personnalité.