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"Petite" Histoire
du BENIN
Anciennement
DANHOMEY (Dan Ho me : «
dans le ventre de Dan »).
Composé de plusieurs chefferies avec l’exercice
d’une autorité orale
basée sur les coutumes et les respects des
ancêtres
morts.
BARIBA
– YOROUBA – AJA EWE.
Ce
n’est qu’au
17ème siècle que les
premiers échangent se passent
en commençant avec les Portugais puis les
Néerlandais
S'en suivent les Danois, les Anglais et pour finir les
Français.
La colonisation ne s'établit qu'au
jusqu'à l'indépendance le
1er Aout 1960.
En
1975, le
pays change de nom et se nomme BENIN
(du nom du golfe dans lequel il est situé).
Après une alternance de républiques et
de dictature,
depuis 1991, le pays est une république
démocratique.
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Le peuple "Yorouba"
Le terme
Yorouba décrit à la fois un langage et une tribu
vivant
entre le Nigéria et la République du
Bénin,
dans une région couverte
de forêts et de savanes.
Divisée
à l'époque pré-coloniale en
unités politiques indépendantes,
cette région présente une diversité et
une richesse artistiques
dont le
rayonnement et la réputation sont
inégalés.
L'utilisation
du terme yorouba,
dérivé d'un mot haoussa qui désignait
les yorouba du
royaume septentrional d'Oyo,
date du milieu du XIXe
siècle, époque où il fut
popularisé par les missionnaires.
La langue yorouba n'est pas homogène sur
tout le territoire:
elle est constitutée de dialectes qui forment trois
familles
principales.
La ville
d’Ife demeure cependant
pour l’ensemble des Yoroubas
le lieu d’origine du monde et de la
religion Yorouba
à travers le mythe fondateur commun
d’Oduduwa à qui Olodumare,
le dieu suprême qui donna la puissance
et la sagesse aux divinités secondaires
(orisa) après les avoir créées,
donna les instruments de la création du monde.
Oduduwa reçut de ses mains un sac de
terre, deux cents pigeons pour l’étendre,
deux cents poulets pour l’éparpiller,
deux cents caméléons pour en tester
la solidité et deux cents chaînes
pour qu’il puisse effectuer sa descente
sur terre depuis le ciel, Orun, où
résident les divinités.
Ile-Ife, étymologiquement « la
terre qui s’est étendue »
est le lieu où Oduduwa posa le pied,
devenant
donc le premier roi (Ooni) de la
ville d’Ife.
C’est à partir d’Ife que
l’humanité
se dispersa peuplant les continents.
Ayant depuis
le
XVème siècle constitué la
quasi-majorité
des esclaves
exportés
en Amérique du sud, aux
Caraïbes et à Cuba,
les Yoroubas
bénéficient
aujourd'hui d'une importante
diaspora,
particulièrement
solidaire
au niveau international.
Bénéficiant
souvent
d'un
niveau de formation élevé,
ils sont
aujourd'hui très présents à
tous les niveaux de la vie nigériane
politique,
économique,
administratif, culturel.
L'origine des Yoruba, qui
se base essentiellement sur des légendes
et des suppositions,
laisse présumer une provenance de l'Egypte et de l'Arabie.
Un flux migrateur
qui remonterait, selon les spécialistes,
au douzième
siècle ou même plus
tôt,
serait à l'origine
de leur présence
dans cette
région.
En effet, les fameux bronzes
d'IFE, certainement des
œuvres
de sculpteurs Yoruba, remontent à cette
époque.
IFE est la ville
sacrée, considérée par les Yoruba
comme l'origine de leur ethnie,
où le dieu
tout puissant OLORUN
créa l'homme blanc
et l'homme noir semblables en
tous points.
Historiquement, l'ethnie Yoruba
était forte et harmonieuse.
Elle était
articulée en plusieurs
groupes, mais se montra,
dans le temps,très
unie face aux
attaques des tribus
extérieures.
Le roi d'OYO
représentait l'autorité administrative et
militaire,
tandis que le roi d'IFE représentait
l'autorité religieuse.
Cette situation
tribale, se
poursuivit jusqu’au début du XIXème
siècle.
Au début du XIXème siècle, la
cohésion entre les différents chefs de tribu
diminua et le pouvoir du roi d’OYO s’affaiblit.
Les FULANI profitèrent de cette
faiblesse. Venant du nord,
le territoire Yorouba fut bouleversé
par des guerres civiles
ils envahirent le royaume d’OYO et
en détruisirent la capitale en 1830.
De nombreuses villes furent
saccagées, la population fut tuée
ou réduite en esclavage. Beaucoup d’habitants
se réfugièrent
dans d’autres parties du pays.
Ces guerres civiles durèrent pendant
cinquante ans.
Vers la fin du XIXème siècle,
l’Angleterre
apporta l’ordre
et la paix au pays, mais en
contrepartie, elle fit du Nigéria
une colonie britannique, et garda le
plein pouvoir sur l’état
pendant de nombreuses années.
La communauté Yorouba se base
essentiellement sur deux fondements :
La famille a
une importance vitale
pour la vie de chaque Yorouba.
La sécurité familiale lui donne la
stabilité nécessaire,
sans laquelle il serait perdu. Non
seulement les parents,
la femme et les enfants forment la
famille, mais aussi
les familles des frères et des sœurs,
des tantes et des oncles,
ainsi que tous les petit-fils et les
familles alliées
par des mariages
successifs des descendants.
Quand un
Yorouba parle
de sa famille, il parle pratiquement de tout son clan,
c'est-à-dire d’un
nombre considérable de personnes,
pouvant aller jusqu’à
quelques centaines de personnes.
Cette structure
familiale donne à chaque individu la protection,
la sécurité et la
garantie nécessaires pour passer une vie épanouie.
En effet, en
cas de succès
professionnel, il n’hésitera pas à
partager
une grande partie de ses bénéfices
avec le clan, qui en échange
lui garantira un soutien maximum, s’il
venait à perdre se ressources financières.
La sensation d’appartenance au clan
est quasiment innée pour chaque Yorouba.
Le chef de la famille la plus
nombreuse est aussi le chef du clan.
Il est appelé BALE. Il
est très vénéré et il
tranche, sans appel,
tous les problèmes qui sont portés à
son jugement.
Un BALE n’a pas
seulement des droits, mais des devoirs.
Si le père d’un jeune de son clan
meurt, il doit prendre sa place
et prendre en charge son fils comme
s’il était son père naturel.
Dans certains villages, cela dépend
de leur dimension,
il peut y avoir plusieurs clans, et
leurs relations sont très
harmonieuses est coopératives, à tel
point que les membres des clans
s’appellent frères et sœurs entre
eux.
Une tribu
naît de l’union des
communautés de tous les villages
d’une région du territoire Yorouba.
Ces différentes communautés élisent un
roi,
appelé OBA, choisi entre
les BALE.
Le roi, avec ses conseillers,
s’occupe des affaires économiques,
sociales et juridiques de la tribu.
Il occupe cette fonction jusqu’à sa
mort.
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RELIGION et les DIVINITES chez les "YOROUBA"
Aujourd’hui,
la religion islamique
est la plus répandue dans le pays,
suivie par le christianisme et par
la religion traditionnelle,
qui subsiste encore dans certaines
régions.
Les propos suivants font état de la
religiosité traditionnelle du début du
XXème siècle,
lorsqu’un pourcentage très
élevé de
Yorouba adhérait encore à cette croyance.
Le système religieux est basé sur
l’immortalité
de l’âme et sur la réincarnation.
Les bonnes et les mauvaises actions
d’un yorouba, pendant sa vie sur terre,
Sont jugées à sa mort par le dieu
suprême OLORUN.
De son jugement dépendront les
conditions pour une nouvelle vie sur terre.
OLORUN est le dieu
suprême créateur.
Il n’est représenté ou peint sous
aucune forme et aucun culte ne lui est voué.
Il est la règle abstraite, l’origine
de tous les êtres.
Il n’a pas d’attributs et il n’accepte
pas de sacrifices.
Cependant, son existence n’est ni
contestée ni mise en question.
Il y a aussi des divinités appelées génériquement ORISHA:
|
SHANGO,
le dieu du
tonnerre
et de la foudre,
qui est
représenté
avec
le symbole
de
la double
hache.
|
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ESHU,
le magicien,
le sorcier,le maître des forces du mal et du pouvoir magique des sorcières. Il est capable de protéger les humains de ces démons. |
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|
OGOU, est le dieu du fer et de la guerre. Il est adoré par tous ceux qui utilisent le fer comme instrument de travail, donc aussi par les sculpteurs sur bois, qui utilisent des instruments en fer pour travailler. Beaucoup de sculpteurs, avant de commencer un travail important, avaient l'habitude de lui faire une offrande pour obtenir son aide. |
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SHOPONA,
le
dieu de la vérole, est le plus craint
parmi les ORISHA,
car il est capable de décimer la
population de régions
entières.
Il a un grand nombre de disciples et il
est
vénéré car on le craint.
C'est le seul dieu qui peut infliger des maladies, surtout la
vérole,
mais qui
peut aussi les soigner et, avec l'aide du dieu ESHU,
il peut influencer
la
magie des sorcières.
Outre ces importantes
divinités, il y a au moins quatre
cents ORISHA,
et chaque famille vénère sa propre
divinité,
à laquelle elle
offre des animaux en sacrifice.
En échange,
l’ORISHA
choisi s'occupe de la
famille,
en offrant toujours une aide spirituelle et souvent aussi
matérielle.
LE
CULTE DES ANCETRES
Les Yoroubas, fidèles à leur
tradition religieuse, croient à
l’immortalité de l’âme
et à la réincarnation de chaque être
humain. Cela signifie que
les âmes des morts reviennent sur
terre dans le corps des nouveau-nés,
normalement dans leur propre famille,
en sautant deux ou trois générations.
Croire à la réincarnation signifie
que la mort n’est pas un départ
définitif,
mais simplement un intervalle de
temps entre la mort
et un nouvelle vie dans un autre
corps.
Pour cette raison, le vieux Yorouba
attend la mort paisiblement,
Car il sait que dans l’autre monde
son âme immortelle restera
en contact avec sa famille ; il
sera ainsi capable de participer
à la vie quotidienne et d’influencer
les destinées de sa famille.
Son retour sur terre sera accéléré
si les membres de sa famille prient
et offrent régulièrement des animaux
en sacrifice pour son âme.
Cette croyance lie les jeunes aux
vieux pendant leur vie sur terre.
En effet, les
plus jeunes ont
beaucoup d’égards envers les anciens
et cherchent à obtenir leur soutien
après la mort ;
les anciens de leur côté sont
aimables et agréables envers leurs jeunes frères,
afin de revenir le plus rapidement
possible sur terre après leur mort.
La prospérité d’une famille
dépend
donc du bien-être de ses ancêtres.
Dans ce but, on construit des
sanctuaires particuliers,
Où l’on adresse
des prières aux ancêtres et où on
leur offre des sacrifices.
Le sanctuaire ancestral permet aussi
un dialogue entre les morts et les vivants.
Un dialogue qui devient très
important et fréquent surtout
lors d’évènements significatifs,
comme les maladies, les accidents,
la récolte, la sècheresse, ou le
malheur.
L’union des morts et des vivants est
fêtée par toute la population Yorouba
pendant les festivals d’EGUNGUN. Pendant
quelques jours, au
printemps,
des danses avec des masques
particulièrement élaborés ont lieu
dans plusieurs villages en l’honneur
du culte d’EGUNGUN.
Ces masques représentent les âmes
des morts ;
le danseur est possédé par
l’âme d’une
personne morte qui attend
encore sa réincarnation ; ainsi
cette danse est le témoignage
d’une union
entre les vivants et les morts provisoires.
LES SORCIERES
Les malheurs et
les maladies sont attribués aux pouvoirs magiques des
sorcières.
Un Yorouba ne se sentira jamais responsable de ses propres malheurs.
Chaque individu peut-être l'ojet d'un sortilège
maléfique.
Généralement une sorcière jette un
sort
pour porter malheur à une personne,
rarement à une famille. En effet,
les sorcières sont incapables
de provoquer des catastrophes
naturelles ou des épidémies
qui frapperaient une tribu entière.
Seul SHANGO, le dieu du tonnerre,
ou SHOPONA, le dieu de la
vérole, possèdent ce pouvoir.
Si un Yorouba s’aperçoit qu’il a
été
frappé par les pouvoirs magiques
d’une sorcière - cela peut se
manifester par un cauchemar,
par un mal de tête au réveil, ou par
une sensation de tristesse et de malheur –
il doit interroger le BABALAWO, le
prêtre IFA, responsable
religieux du village.
Ce dernier consulte l’oracle d’IFA
et prescrit un antidote suffisamment
puissant
pour combattre le pouvoir de la
sorcière. Evidemment, ces consultations
et ces
prescriptions sont coûteuses.
Si un Yorouba
n’a pas les moyens
nécessaires pour se payer
les services d’un BABALAWO,
seule une vie honnête le préservera
des méfaits d’une sorcière. Les
pouvoirs du mal n’attaquent pas les saints !
Un autre moyen pour se protéger des
sorcières est de devenir membre
d’une Communauté de Culte, c'est-à-dire
d’une communauté
avec une grande connaissance de la
magie noire et
qui possède donc tous les meilleurs
antidotes.
La Communauté de Culte la plus
puissante et la plus connue
sur le territoire Yorouba est la
société secrète des OGBONI.
Celle-ci a toujours exercé des pouvoirs
dépassant largement
ses fonctions magiques et
religieuses : en effet elle désignait les rois,
dictait et abolissait les lois.
Quiconque perdait sa faveur,
et quelle qu’ait été sa position
sociale,
était immédiatement empoisonné en
public :
avec l’ordre d’en boire le contenu
et aucun cas de désobéissance n’est
connu.
Naturellement, entrer dans une
Communauté de Culte aussi grande
et reconnue coûte cher. Pour cette
raison, de nombreuses petites
Communautés locales se sont formées,
qui offrent une aide modeste
aux victimes ensorcelées, à des prix
plus modiques.
NAISSANCES
MULTIPLES
par une double paternité (deux
pères
différents),
qui prouvait en même temps
l’infidélité de la
mère.
Croyance engendrait
donc le meurtre de la mère et des enfants.
En effet, les Yoruba croyaient
qu'aucun être humain
ne
pouvait engendrer deux êtres humains à la
fois.
Donc, ils considéraient les
jumeaux comme des êtres mystérieux,
surnaturels,
qui portaient malheur à leurs
familles.
Par conséquent à leur naissance, les
deux jumeaux étaient tués
et
leur mère était rejetée du village.
Changement
d’attitude envers les jumeaux :
Dans le monde, il y a une
naissance gémellaire
toutes les
quatre-vingt naissances. Dans le territoire Yoruba,
il y a une
naissance
gémellaire toutes les vingt-deux naissances.
Cela signifie qu'avec
l'élimination de tous les bébés
jumeaux,
qui étaient considérés comme
des êtres possédés par les esprits du
mal,
les Yoruba avaient un taux d'accroissement
démographique
beaucoup plus bas
que les autres peuples africains.
Pourtant cette
décimation allait à l'encontre de la
tradition des Yoruba.
En effet, avoir un grand nombre d'enfants
était le garant
d'une vieillesse sans souci.
On ne sait pas quand exactement
les Yoruba changèrent
leur attitude face aux jumeaux. Une légende
raconte,
qu'il y
a cent ans
environ, une grande tristesse régnait dans les
villages
et
dans les âmes de ses
habitants. On consulta alors l'oracle d'IFA qui ordonna
d'arrêter les meurtres
des jumeaux et de les honorer dorénavant.
Une autre histoire raconte que le
légendaire roi Yoruba
AJAKA,
frère du dieu SHANGO,
arrêta le meurtre des
jumeaux,
après que sa femme
eût mis au monde deux jumeaux.
Quoi qu'il en soit, la situation
et l'attitude face aux
naissances gémellaires
changea radicalement bien que
lentement dans la première
moitié du XIX° siècle.
Petit à
petit, les Yoruba commencèrent à croire que les
jumeaux
possédaient des pouvoirs surnaturels et qu'ils
étaient capables
d'apporter le bonheur,
la santé, et la
prospérité dans leurs familles. On
devait donc les traiter avec respect
et considération, leur
donner les
meilleurs aliments,
les vêtements et les bijoux les plus
beaux, et les combler
d'attentions.
A leur naissance, on
célèbre une fête, à laquelle
prend
part tout le village,
et même parfois la population des
villages voisins.
Il
s'agit d'une fête en l'honneur de la mère qui a
accouché,
ainsi qu'en l'honneur
de toutes les mères de jumeaux.
Une danse,
réservée exclusivement à elles, est
au centre des festivités,
et certains mouvements de cette
danse illustrent des
demandes spécifiques de prospérité,
de
bonheur, de santé pour les jumeaux, de
même qu'une protection
contre le pouvoir maléfique
des sorcières.
Quelques jours après la
naissance des jumeaux, le
BABALAWO,
c'est à dire le prêtre du village, rend
visite aux nouveau-nés
et il
les voue à l'ORISHA
IBEJI. Ensuite, il conseille
à la mère les aliments
recommandés,
lui indique les jours de mauvais augure de la
semaine
ainsi que
les animaux dangereux et les couleurs à éviter.
Les ABESSAN
Le fondateur de
Porto-Novo est
Tè-Agbalin et les premiers occupants
en étaient les GOUNNOU et les ADJA.
L’ancêtre mythique commun des Yorouba dont la
dynastie royale d’Oyó
est ORILE.
ORILE est une entité bien définie
par un ensemble d’attributs (ORIKI)
qui permettent de déterminer l’origine
des individus,
membres du même clan primaire.
Toute communauté Yorouba peut-être
repérée dans le temps et l’espace
par l’Oriki.
L’Oriki se récite sous forme de
« litanies »,
invocations ou salutations
rapportant les faits et les gestes
de l’ancêtre mythique du clan primaire.
ONIKOYI, d’origine IKOYI, est un
guerrier.
Il est le responsable de l’armée et
dirige les expéditions guerrières
contre les ennemis du royaume. Il
recrute les guerriers parmi les
meilleurs chasseurs du royaume.
Les cicatrices raciales appliquées
sur les joues dès la naissance
d’un enfant permettent de déterminer
l’origine clanique des individus
dans la communauté Yorouba.
Vers la fin du XVème siècle, le
prince ANATA, fils de OBAGANDJOU,
ômô ONIKOYI, assisté de ses deux
frères AKAKPO et OGBON,
dirigea une migration des Yorouba d’Oyó
jusqu’au bord d’un
fleuve
(actuelle lagune
Epuisés mais satisfaits, ils
déclarèrent :
« Adja
Achègoun ôta,
ibi di ilé »
« Nous
nous sommes battus, nous
avons vaincu l’ennemi,
cet endroit devient notre demeure. »
Entendre par ennemi les difficultés
et les obstacles rencontrés
en cours de route.
C’est de cette déclaration que vient
le nom de
« Adjaché-Ilé »
c'est-à-dire terre, patrie des
victorieux, de ceux qui luttent.
Ainsi se créa le royaume Yorouba du
prince ANATA,
fils de OBAGANDJOU, ômô (originaire)
de IKOYI.
Durant ce long périple, l’épouse de
ANATA, une princesse Yorouba
était en grossesse. Son accouchement
se passa au bord
de la lagune de Porto-Novo.
La prêtresse d’Oyó fit des couches
mystérieuses et donna le jour
à neuf enfants
(quatre garçons et cinq filles) à la fois.
Un tel évènement est marqué par des
sacrifices rituels, la mère
d’une telle progéniture est
vénérée.
La femme de ANATA surnommée ABESSAN,
c'est-à-dire
celle
qui a mis au monde à la fois
neuf enfants fut
élevée
au rang de divinité, elle pris le
titre de ABESSAN.
Les Yorouba d’autres contrées ayant
appris la nouvelle
des vertus bienfaisantes de ABESSAN venaient
rendre
visite aux heureux parents.
Parmi les grands visiteurs Agbarin,
Aké (ancêtre des Makpo-Modji),
Afandja, Bôrô et Ôlalèmi.
Tous venus d’Oyó ses ont établis
définitivement
dans le pays de ABESSAN.
Le prince ANATA nomma des BALE parmi
ses anciens compagnons
envoyés à Adjaché-Ilé et
donnèrent
le nom de ADJACHE-ILE
au nouveau royaume.
Beaucoup plus tard, un prince de la dynastie
royale ONIKOYI
de Adjaché-Ilé est parti
s’établir à
Adjohoun.
Il a donné naissance à la branche
des ômô ONIKOYI
(Matè-Magbo)
qui possède de nos jours d’importantes
ramifications dans
la ville de Porto-Novo.
Premiers rois des ONIKOYI ABESSAN, d’après
les informations
Recueillies auprès des membres de la
dynastie royale
OBA ONIKOYI ABESSAN :
ONIKOYI
OBAGANDJOU ANATA ABESSAN 1er
régna de 1485 à 1560.
ONIKOYI
Tayèwo ABESSAN II de 1560 à
1585.
ONIKOYI ADJAGOUNAN de 1585
à 1625.
ONIKOYI
ABESSAN Alatè de 1625 à
1688.
Avec ces quatre rois, une longue
période de paix et
d’organisation fut mis en place.
La population venait faire des
offrandes à la divinité dans
le temple d’ABESSAN, qui servait
aussi de sanctuaire
d’intronisation des rois Yorouba et
des chefs traditionnels.
Concernant l’origine des Yorouba,
établis à Òkòrò,
il
convient de souligner les faits
ci-après :
Aborimèssan,
monstre
à neuf têtes, est une pure
invention.
Ce terme n’existe pas chez les
Yorouba.
En réalité, ce n’était pas
un
monstre que les soi-disant
« trois chasseurs »
avaient rencontré à
Òkòrò,
mais de véritables guerriers venus
d’Oyò,
originaire de Ikoyi-Ilé, sous la
direction du prince
ANATA OBAGANDJOU ONIKOYI.
Le prince et la princesse OBAGANDJOU
ONIKOYI
portés le nom de ABESSAN.
Chez les Yorouba, une femme qui met
au monde à la fois
deux enfants est Iyabédji,
trois enfants Iyabèta.

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Haut de pageLe Peuple "IKOYI"
Régence
de la dynastie royale de Onikoyi Abessan
et
l'établissement de nouvelles vagues de yorouba à
Porto-Novo:
La
disparition mystérieuse du 4ème monarque de la
dynatie de
Onikoyi Abessan,
le Roi Alatè Onikoyi Abessan a marqué
une pause importante dans la succession
sur le trône d'Abessan et
le début du déclin du royaume
d'Adjachè-Ilé.
Le
chef supérieur Adjimavo mourut en 1946 et fut