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"Petite" Histoire du BENIN

Anciennement DANHOMEY (Dan Ho me : «  dans le ventre de Dan »).
Composé de plusieurs chefferies avec l’exercice d’une autorité orale 
basée sur les coutumes et les respects des ancêtres morts.
Ce n'est qu'au 
15ème siècle qu'apparaissent 3 royaumes principaux:

                                  BARIBAYOROUBAAJA EWE.

Ce n’est qu’au 17ème siècle que les premiers échangent se passent 
en commençant avec les Portugais puis les Néerlandais
(avec entre autres le commerce de coton, d'esclave et d'huile de palme).
S'en suivent les Danois, les Anglais et pour finir les Français.
La colonisation ne s'établit qu'au
19ème siècle avec les français
jusqu'à l'indépendance le
1er Aout 1960.

En 1975, le pays change de nom et se nomme BENIN 
(du nom du golfe dans lequel il est situé).
Après une alternance de républiques et de  dictature,
depuis 1991, le pays est une république démocratique.

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Le peuple "Yorouba"

Le terme Yorouba décrit à la fois un langage et une tribu vivant 
entre le Nigéria et la République du Bénin, 
dans une région couverte de forêts et de savanes.
Divisée à l'époque pré-coloniale en unités politiques indépendantes, 
cette région présente une diversité et une richesse artistiques 
dont le rayonnement et la réputation sont inégalés.

L'utilisation du terme yorouba,
dérivé d'un mot haoussa qui désignait les yorouba
du royaume septentrional d'Oyo,
date du milieu du XIXe siècle, époque où il fut popularisé par les missionnaires.
La
langue yorouba n'est pas homogène sur tout le territoire:
elle est
constitutée de dialectes qui forment trois familles principales.

La ville d’Ife demeure cependant pour l’ensemble des Yoroubas
le lieu d’origine du monde et de la religion Yorouba
à travers le mythe fondateur commun d’Oduduwa à qui Olodumare,
le dieu suprême qui donna la puissance et la sagesse aux divinités secondaires
(orisa) après les avoir créées, donna les instruments de la création du monde.
Oduduwa reçut de ses mains un sac de terre, deux cents pigeons pour l’étendre,
deux cents poulets pour l’éparpiller, deux cents caméléons pour en tester
la solidité et deux cents chaînes pour qu’il puisse effectuer sa descente
sur terre depuis le ciel, Orun, où résident les divinités.
Ile-Ife, étymologiquement « la terre qui s’est étendue »
est le lieu où Oduduwa posa le pied, devenant
donc le premier roi (Ooni) de la ville d’Ife.
C’est à partir d’Ife que l’humanité se dispersa peuplant les continents.

Ayant depuis le XVème siècle constitué la quasi-majorité
des
esclaves exportés en Amérique du sud, aux Caraïbes et à Cuba,
les
Yoroubas bénéficient aujourd'hui d'une importante diaspora,
par
ticulièrement solidaire au niveau international.
B
énéficiant souvent d'un niveau de formation élevé,
ils
sont aujourd'hui très présents à tous les niveaux de la vie nigériane

politique, économique, administratif, culturel.
L'origine des Yoruba, qui se base essentiellement sur des légendes
et des
suppositions, laisse présumer une provenance de l'Egypte et de l'Arabie.
Un
flux migrateur qui remonterait, selon les spécialistes,
au d
ouzième siècle ou même plus tôt, serait à l'origine
de leur
présence dans cette région.

En effet, les fameux bronzes d'IFE, certainement des œuvres
de sculpteurs
Yoruba, remontent à cette époque.

IFE est la ville sacrée, considérée par les Yoruba
comme
l'origine de leur ethnie, où le dieu tout puissant OLORUN
créa l'homme blanc et l'homme noir semblables en tous points.

Historiquement, l'ethnie Yoruba était forte et harmonieuse.
Elle
était articulée en plusieurs groupes, mais se montra,
dans le temps,
très unie face aux attaques des tribus extérieures.
Le roi
d'OYO représentait l'autorité administrative et militaire,
tandis
que le roi d'IFE représentait l'autorité religieuse.

Cette situation tribale, se poursuivit jusqu’au début du XIXème siècle.
Au début du XIXème siècle, la cohésion entre les différents chefs de tribu
diminua et le pouvoir du roi d’OYO s’affaiblit.
Les FULANI profitèrent de cette faiblesse. Venant du nord,
le territoire Yorouba fut bouleversé par des guerres civiles
ils envahirent le royaume d’OYO et en détruisirent la capitale en 1830.
De nombreuses villes furent saccagées, la population fut tuée
ou réduite en esclavage. Beaucoup d’habitants se réfugièrent
dans d’autres parties du pays.
Ces guerres civiles durèrent pendant cinquante ans.
Vers la fin du XIXème siècle, l’Angleterre apporta l’ordre
et la paix au pays, mais en contrepartie, elle fit du Nigéria
une colonie britannique, et garda le plein pouvoir sur l’état
pendant de nombreuses années.
La communauté Yorouba se base essentiellement sur deux fondements :

La famille a une importance vitale pour la vie de chaque Yorouba.
La sécurité familiale lui donne la stabilité nécessaire,
sans laquelle il serait perdu. Non seulement les parents,
la femme et les enfants forment la famille, mais aussi
les familles des frères et des sœurs, des tantes et des oncles,
ainsi que tous les petit-fils et les familles alliées
par des mariages successifs des descendants. 

Quand un Yorouba parle de sa famille, il parle pratiquement de tout son clan,
c'est-à-dire d’un nombre considérable de personnes,
pouvant aller jusqu’à quelques centaines de personnes.
Cette structure familiale donne à chaque individu la protection,
la sécurité et la garantie nécessaires pour passer une vie épanouie. 

En effet, en cas de succès professionnel, il n’hésitera pas à partager
une grande partie de ses bénéfices avec le clan, qui en échange
lui garantira un soutien maximum, s’il venait à perdre se ressources financières.
La sensation d’appartenance au clan est quasiment innée pour chaque Yorouba.
Le chef de la famille la plus nombreuse est aussi le chef du clan.
Il est appelé BALE. Il est très vénéré et il tranche, sans appel,
tous les problèmes qui sont portés à son jugement.
Un BALE n’a pas seulement des droits, mais des devoirs.
Si le père d’un jeune de son clan meurt, il doit prendre sa place
et prendre en charge son fils comme s’il était son père naturel.
Dans certains villages, cela dépend de leur dimension,
il peut y avoir plusieurs clans, et leurs relations sont très
harmonieuses est coopératives, à tel point que les membres des clans
s’appellent frères et sœurs entre eux.

Une tribu naît de l’union des communautés de tous les villages
d’une région du territoire Yorouba. Ces différentes communautés élisent un roi,
appelé OBA, choisi entre les BALE. Le roi, avec ses conseillers,
s’occupe des affaires économiques, sociales et juridiques de la tribu.
Il occupe cette fonction jusqu’à sa mort.

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La RELIGION et les DIVINITES chez les "YOROUBA"


Aujourd’hui, la religion islamique est la plus répandue dans le pays,
suivie par le christianisme et par la religion traditionnelle,
qui subsiste encore dans certaines régions.
Les propos suivants font état de la religiosité traditionnelle du début du XXème siècle,
lorsqu’un pourcentage très élevé de Yorouba adhérait encore à cette croyance.
Le système religieux est basé sur l’immortalité de l’âme et sur la réincarnation.
Les bonnes et les mauvaises actions d’un yorouba, pendant sa vie sur terre,
Sont jugées à sa mort par le dieu suprême OLORUN.
De son jugement dépendront les conditions pour une nouvelle vie sur terre.

OLORUN est le dieu suprême créateur.
Il n’est représenté ou peint sous aucune forme et aucun culte ne lui est voué.
Il est la règle abstraite, l’origine de tous les êtres.
Il n’a pas d’attributs et il n’accepte pas de sacrifices.
Cependant, son existence n’est ni contestée ni mise en question.

Il y a aussi des divinités appelées génériquement ORISHA:

                                                                                   SHANGO,
                                                                                   le dieu du tonnerre 
                                                                             et de la foudre,
                                                                                 qui est représenté
                                                                              avec le symbole
                                                                                 de la double hache.
 SHANGO
                            ESHU,
                                                 le magicien, le sorcier,
                                                 le maître des forces du mal
                                                 et du pouvoir magique des sorcières.
                                                 Il est capable de protéger
                                                 les humains de ces démons.
ESHU
                     OGOU,
            est le dieu du fer et de la guerre.
            Il est adoré par tous ceux qui utilisent le fer
            comme instrument de travail,
            donc aussi par les sculpteurs sur bois,
            qui utilisent des instruments en fer pour travailler.
            Beaucoup de sculpteurs,
            avant de commencer un travail important,
            avaient l'habitude de lui faire une offrande
            pour obtenir son aide.
OGOU

SHOPONA, le dieu de la vérole, est le plus craint parmi les ORISHA
car il est capable de décimer la population de régions entières. 

Il a un grand nombre de disciples et il est vénéré car on le craint. 
C'est le seul dieu qui peut infliger des maladies, surtout la vérole, 
mais qui peut aussi les soigner et, avec l'aide du dieu ESHU
il peut influencer la magie des sorcières.


Outre ces importantes divinités, il y a au moins quatre cents ORISHA,
et chaque famille vénère sa propre divinité, 
à laquelle elle offre des animaux en sacrifice.
En échange, l’ORISHA choisi s'occupe de la famille, 
en offrant toujours une aide spirituelle et souvent aussi matérielle.

LE CULTE DES ANCETRES
Les Yoroubas, fidèles à leur tradition religieuse, croient à l’immortalité de l’âme
et à la réincarnation de chaque être humain. Cela signifie que
les âmes des morts reviennent sur terre dans le corps des nouveau-nés,
normalement dans leur propre famille, en sautant deux ou trois générations.
Croire à la réincarnation signifie que la mort n’est pas un départ définitif,
mais simplement un intervalle de temps entre la mort
et un nouvelle vie dans un autre corps.
Pour cette raison, le vieux Yorouba attend la mort paisiblement,
Car il sait que dans l’autre monde son âme immortelle restera
en contact avec sa famille ; il sera ainsi capable de participer
à la vie quotidienne et d’influencer les destinées de sa famille.
Son retour sur terre sera accéléré si les membres de sa famille prient
et offrent régulièrement des animaux en sacrifice pour son âme.
Cette croyance lie les jeunes aux vieux pendant leur vie sur terre.

En effet, les plus jeunes ont beaucoup d’égards envers les anciens
et cherchent à obtenir leur soutien après la mort ;
les anciens de leur côté sont aimables et agréables envers leurs jeunes frères,
afin de revenir le plus rapidement possible sur terre après leur mort.
La prospérité d’une famille dépend donc du bien-être de ses ancêtres.
Dans ce but, on construit des sanctuaires particuliers,
Où l’on  adresse des prières aux ancêtres et où on leur offre des sacrifices.
Le sanctuaire ancestral permet aussi un dialogue entre les morts et les vivants.
Un dialogue qui devient très important et fréquent surtout
lors d’évènements significatifs, comme les maladies, les accidents,
la récolte, la sècheresse, ou le malheur.
L’union des morts et des vivants est fêtée par toute la population Yorouba
pendant les festivals d’EGUNGUN. Pendant quelques jours, au printemps,
des danses avec des masques particulièrement élaborés ont lieu
dans plusieurs villages en l’honneur du culte d’EGUNGUN.
Ces masques représentent les âmes des morts ;
le danseur est possédé par l’âme d’une personne morte qui attend
encore sa réincarnation ; ainsi cette danse est le témoignage
d’une union entre les vivants et les morts provisoires.



LES SORCIERES

Les malheurs et les maladies sont attribués aux pouvoirs magiques des sorcières.
Un Yorouba ne se sentira jamais responsable de ses propres malheurs.
Chaque individu peut-être l'ojet d'un sortilège maléfique.
Généralement une sorcière jette un sort pour porter malheur à une personne,
rarement à une famille. En effet, les sorcières sont incapables
de provoquer des catastrophes naturelles ou des épidémies
qui frapperaient une tribu entière. Seul SHANGO, le dieu du tonnerre,
ou SHOPONA, le dieu de la vérole, possèdent ce pouvoir.
Si un Yorouba s’aperçoit qu’il a été frappé par les pouvoirs magiques
d’une sorcière - cela peut se manifester par un cauchemar,
par un mal de tête au réveil, ou par une sensation de tristesse et de malheur –
il doit interroger le BABALAWO, le prêtre IFA, responsable religieux du village.
Ce dernier consulte l’oracle d’IFA et prescrit un antidote suffisamment puissant
pour combattre le pouvoir de la sorcière. Evidemment, ces consultations
et ces prescriptions sont coûteuses.

Si un Yorouba n’a pas les moyens nécessaires pour se payer
les services d’un BABALAWO, seule une vie honnête le préservera
des méfaits d’une sorcière. Les pouvoirs du mal n’attaquent pas les saints !
Un autre moyen pour se protéger des sorcières est de devenir membre
d’une Communauté de Culte, c'est-à-dire d’une communauté
avec une grande connaissance de la magie noire et
qui possède donc tous les meilleurs antidotes.

 
La Communauté de Culte la plus puissante et la plus connue
sur le territoire Yorouba est la société secrète des OGBONI.
Celle-ci a toujours exercé des pouvoirs dépassant largement
ses fonctions magiques et religieuses : en effet elle désignait les rois,
dictait et abolissait les lois. Quiconque perdait sa faveur,
et quelle qu’ait été sa position sociale, était immédiatement empoisonné en public :
avec l’ordre d’en boire le contenu et aucun cas de désobéissance n’est connu.
Naturellement, entrer dans une Communauté de Culte aussi grande
et reconnue coûte cher. Pour cette raison, de nombreuses petites
Communautés locales se sont formées, qui offrent une aide modeste
aux victimes ensorcelées, à des prix plus modiques.

 

NAISSANCES  MULTIPLES

Autrefois, la naissance de jumeaux était considérée comme
un évènement inexplicable et elle était accompagnée
de superstitions diverses.Ce phénomène était expliqué 

par une double paternité (deux pères différents), 
qui prouvait en même temps l’infidélité de la mère. 
Croyance engendrait donc le meurtre de la mère et des enfants.

En effet, les Yoruba croyaient qu'aucun être humain 

ne pouvait engendrer deux êtres humains à la fois. 
Donc, ils considéraient les jumeaux comme des êtres mystérieux,

surnaturels, qui portaient malheur à leurs familles.
Par conséquent à leur naissance, les deux jumeaux étaient tués

et leur mère était rejetée du village.

Changement d’attitude envers les jumeaux :

Dans le monde, il y a une naissance gémellaire 
toutes les quatre-vingt naissances. Dans le territoire Yoruba,
il y a une naissance gémellaire toutes les vingt-deux naissances.

Cela signifie qu'avec l'élimination de tous les bébés jumeaux, 
qui étaient considérés comme des êtres possédés par les esprits du mal,
les Yoruba avaient un taux d'accroissement démographique 
beaucoup plus bas que les autres peuples africains.


Pourtant cette décimation allait à l'encontre de la tradition des Yoruba. 
En effet, avoir un grand nombre d'enfants était le garant d'une vieillesse sans souci.


On ne sait pas quand exactement les Yoruba changèrent 
leur attitude face aux jumeaux. Une légende raconte, 
qu'il y a cent ans environ, une grande tristesse régnait dans les villages 
et dans les âmes de ses habitants. On consulta alors l'oracle d'IFA qui ordonna
d'arrêter les meurtres des jumeaux et de les honorer dorénavant.


Une autre histoire raconte que le légendaire roi Yoruba AJAKA
frère du dieu SHANGO, arrêta le meurtre des jumeaux, 
après que sa femme eût mis au monde deux jumeaux.


Quoi qu'il en soit, la situation et l'attitude face aux naissances gémellaires
changea radicalement bien que lentement dans la première moitié du XIX° siècle.
Petit à petit, les Yoruba commencèrent à croire que les jumeaux 
possédaient des pouvoirs surnaturels et qu'ils étaient capables d'apporter le bonheur,
la santé, et la prospérité dans leurs familles. On devait donc les traiter avec respect 
et considération, leur donner les meilleurs aliments, 
les vêtements et les bijoux les plus beaux, et les combler d'attentions.


A leur naissance, on célèbre une fête, à laquelle prend part tout le village,
et même parfois la population des villages voisins. 
Il s'agit d'une fête en l'honneur de la mère qui a accouché, 
ainsi qu'en l'honneur de toutes les mères de jumeaux. 
Une danse, réservée exclusivement à elles, est au centre des festivités, 
et certains mouvements de cette danse illustrent des demandes spécifiques de prospérité,
de bonheur, de santé pour les jumeaux, de même qu'une protection 
contre le pouvoir maléfique des sorcières.


Quelques jours après la naissance des jumeaux, le BABALAWO
c'est à dire le prêtre du village, rend visite aux nouveau-nés 
et il les voue à l'ORISHA IBEJI. Ensuite, il conseille à la mère les aliments recommandés,
lui indique les jours de mauvais augure de la semaine 
ainsi que les animaux dangereux et les couleurs à éviter.


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Les ABESSAN

Le fondateur de Porto-Novo est Tè-Agbalin et les premiers occupants
en étaient les GOUNNOU et les ADJA.
L’ancêtre mythique commun des Yorouba dont la dynastie royale d’Oyó
est  ORILE.
ORILE est une entité bien définie par un ensemble d’attributs (ORIKI)
qui permettent de déterminer l’origine des individus,
membres du même clan primaire.
Toute communauté Yorouba peut-être repérée dans le temps et l’espace
par l’Oriki.
L’Oriki se récite sous forme de « litanies », invocations ou salutations
rapportant les faits et les gestes de l’ancêtre mythique du clan primaire.
ONIKOYI, d’origine IKOYI, est un guerrier.
Il est le responsable de l’armée et dirige les expéditions guerrières
contre les ennemis du royaume. Il recrute les guerriers parmi les
meilleurs chasseurs du royaume.
Les cicatrices raciales appliquées sur les joues dès la naissance
d’un enfant permettent de déterminer l’origine clanique des individus
dans la communauté Yorouba.

 
Vers la fin du XVème siècle, le prince ANATA, fils de OBAGANDJOU,
ômô ONIKOYI, assisté de ses deux frères AKAKPO et OGBON, 
dirigea une migration des Yorouba d’Oyó jusqu’au bord d’un fleuve 
(actuelle lagune de Porto-Novo).
Epuisés mais satisfaits, ils déclarèrent :

« Adja Achègoun ôta, ibi di ilé »
« Nous nous sommes battus, nous avons vaincu l’ennemi,
cet endroit devient notre demeure. »
Entendre par ennemi les difficultés et les obstacles rencontrés
en cours de route.
C’est de cette déclaration que vient le nom de « Adjaché-Ilé »
c'est-à-dire terre, patrie des victorieux, de ceux qui luttent.
Ainsi se créa le royaume Yorouba du prince ANATA,
fils de OBAGANDJOU, ômô (originaire) de IKOYI.

 
Durant ce long périple, l’épouse de ANATA, une princesse Yorouba
était en grossesse. Son accouchement se passa au bord
de la lagune de Porto-Novo.
La prêtresse d’Oyó fit des couches mystérieuses et donna le jour
à neuf enfants (quatre garçons et cinq filles) à la fois.
Un tel évènement est marqué par des sacrifices rituels, la mère
d’une telle progéniture est vénérée.
La femme de ANATA surnommée ABESSAN, c'est-à-dire

celle qui a mis au monde à la fois neuf enfants fut élevée
au rang de divinité, elle pris le titre de ABESSAN.
Les Yorouba d’autres contrées ayant appris la nouvelle
des vertus bienfaisantes de ABESSAN venaient rendre
visite aux heureux parents.
Parmi les grands visiteurs Agbarin, Aké (ancêtre des Makpo-Modji),
Afandja, Bôrô et Ôlalèmi.
Tous venus d’Oyó ses ont établis définitivement
dans le pays de ABESSAN.
Le prince ANATA nomma des BALE parmi ses anciens compagnons
envoyés à Adjaché-Ilé et donnèrent le nom de ADJACHE-ILE
au nouveau royaume.
Beaucoup plus tard, un prince de la dynastie royale ONIKOYI
de Adjaché-Ilé est parti s’établir à Adjohoun.
Il a donné naissance à la branche des ômô ONIKOYI (Matè-Magbo)
qui possède de nos jours d’importantes ramifications dans
la ville de Porto-Novo.
Premiers rois des ONIKOYI ABESSAN, d’après les informations
Recueillies auprès des membres de la dynastie royale
OBA ONIKOYI ABESSAN :
ONIKOYI OBAGANDJOU ANATA ABESSAN 1er régna de 1485 à 1560.
ONIKOYI Tayèwo ABESSAN II de 1560 à 1585.
ONIKOYI ADJAGOUNAN de 1585 à 1625.
ONIKOYI ABESSAN Alatè de 1625 à 1688.
Avec ces quatre rois, une longue période de paix et
d’organisation fut mis en place.
La population venait faire des offrandes à la divinité dans
le temple d’ABESSAN, qui servait aussi de sanctuaire
d’intronisation des rois Yorouba et des chefs traditionnels.

 
Concernant l’origine des Yorouba, établis à Òkòrò, il
convient de souligner les faits ci-après :

Aborimèssan, monstre à neuf têtes, est une pure invention.
Ce terme n’existe pas chez les Yorouba.
En réalité, ce n’était pas un monstre que les soi-disant
« trois chasseurs » avaient rencontré à Òkòrò,
mais de véritables guerriers venus d’Oyò,
originaire de Ikoyi-Ilé, sous la direction du prince
ANATA OBAGANDJOU ONIKOYI.
Le prince et la princesse OBAGANDJOU ONIKOYI
portés le nom de ABESSAN.
Chez les Yorouba, une femme qui met au monde à la fois
deux enfants est Iyabédji, trois enfants Iyabèta.

 

TRIPLE

              IBÈTA :
           Les triplés du fils aîné du 
      Roi Onikoyi Abessan Aladjache V 
                de Porto-Novo.

          

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Le Peuple "IKOYI"

Régence de la dynastie royale  de Onikoyi Abessan 
et l'établissement de nouvelles vagues de yorouba à Porto-Novo:

La disparition mystérieuse du 4ème monarque de la dynatie de Onikoyi Abessan,
le Roi Alatè Onikoyi Abessan a marqué une pause importante dans la succession
sur le trône d'Abessan et le début du déclin du royaume d'Adjachè-Ilé.

Toutefois, malgré cette situation, on a observé un regroupement des yorouba en général,
des princes en particulier dans diverses localités et en particulier à Adjohoun
occupé par les Òmò Onikoyi-Matè-Magbo dont l'ancêtre est Onikoyi Wari Ojo
devenu roi de cette dernière localité.


Au palais royal d'Abessan s'est installée une longue période de régence
entrecoupée de vacances de trône; celle-ci a débuté en 1755 et a pris fin en 1991.


Le prince Onikoyi Igbaro naquit en 1665 de Alatè Onikoyi Abessan IV.
A l'âge de 40 ans, il a épousé une femme originaire d'Oyô.

De cette union étaient nés un garçon en 1708 le prince Igbaro Ola et une fille,
la princesse Atèrè. Pendant une longue absence de sa femme partie à Oyô,
le prince Igbaro Ola eut un autre garçon de son union
avec une concubine de l'ethnie goun.


Alors il devint le premier régent de la dynastie royale d'Abessan en 1755.
L'épouse d'Igbaro Ola a donné naissance à des jumelles; après celle-ci,
elle donna le jour à un garçon prénommé Idohou au quartier Adomey, le domicile maternel.


Igbaro Ola était parti d'Òkòrò pour établir sa cour à Ita Igbaro connu de nos jours
 sous le nom de Sessouvié; puis il s'installa à Donoukin.


Voici la chronologie des régents du trône d'Anata, Onikoyi Abessan,
fondateur du royaume yorouba de Adjachè-Ilè, Porto-Novo.


Pendant toute la période de régence, les responsables de plusieurs collectivités,
 membres de la cour royale de abessan participèrent à la gestion des affaires courantes.
 Ce sont les Houénou.


Selon les sources traditionnelles, c'est le 10 janvier 1688 que
Tè-Agbalin a pris le contrôle d'Adjachè-Ilè depuis son palais de Hôgbonou,
à la quatrième année de son accueil dans le royaume yorouba
par l'ensemble des dignitaires, notamment les rois d'Adjachè-Ilè,
de Ôkôrô et le grand chef de terre, Ôga Onilé au lieu de Noukpliten.


Précisément, le 10 janvier 1945, soit 267 années plus tard,
il se produit un évènement miraculeux:
l'arbre destiné à recevoir les offrandes du palais royal est tombé déraciné en plein jour.
 La nouvelle était parvenue au chef supérieur Adjimavô,
5ème successeur du roi Toffa 1er.

Ce dernier fit consulter les oracles qui lui ont annoncé la naissance
du prince héritier qui incarne le Roi Anata Onikoyi Abessan,
fondateur du Royaume Yorouba de Porto-Novo en 1485.

Les recherches entreprises dans les environs dévoilèrent que
 ledit prince était né dans l'une des concessions situées en face du palais royal,
 au quartier Ôdja Òmò que les Alladanou et les gouns appellent Ôga Gbami,
précisément dans la maison de Iya Tôri.

Le chef supérieur Adjimavo fit venir au palais ledit bébé de deux jours
et sa maman pour en faire lui-même constat. Il ressentit un frisson
en prenant le nourrisson dans ses bras. Il le remet à sa maman
avec la recommandation stricte de prendre grand soin de lui.

Apeurée, la maman fit compte rendu à sa belle-mère "Iya Tori"
de la collectivité familiale Makpo-Batouré. Celle-ci ordonna
d'éloigner le bébé du palais de Honmè pour aller séjourner à Torri-Bossito,
 dans l'une de ses fermes. Huit jours plus tard, le nourrisson fut baptisé
et reçoit le nom de
Abdou Yèkini Adjassa Adélèyè Sanni.
Celui-ci est revenu à Porto-Novo en 1949.
 
roi       Le chef supérieur Adjimavo mourut en 1946 et fut
     considéré comme un grand humaniste en raison de
     son acte d'honnêteté accompli vis-à-vis
     du prince héritier
     Abdou Yèkini Adjassa Adélèyè Sanni
.
     Le prince héritier 

     Abdou Yèkini Adjassa Adélèyè Sanni rendait
     souvent des visites de courtoisie au chef supérieur
     Gbeffa jusqu'en 1972, année du déclenchement
     du processus révolutionnaire du 26 octobre.
     Cette date marque également le déclin
     de toutes activités pratiques et
     les manifestations à caractère monarchique
     et féodal.

     Pour les princes de la dynastie royale d'Abessan,
c'est le moment opportun de faire date dans les annales de l'histoire
des régimes monarchiques de Porto-Novo.
C'est pourquoi,
l'investiture du prince Abdou Yèkini Adjassa Adélèyè Sanni
en qualité de Oba Onikoyi Abessan Aladjachè V
prit place à Ikoyi-Ilè puis à Òyò au Nigéria dans la stricte intimité en 1972.
 Il installa sa salle d'audience en son palais royal, dans l'ancien palais
du roi Onikoyi Idohou à Igbo Abessan sis au quartier Attakè-Sainte Anne à Porto-Novo.

Malgré l'intimité familiale dans laquelle s'est déroulé cette cérémonie d'investiture royale,
on avait enregistré la présence effective ou celle de leurs représentants,
de certaines personnalités importantes de la communauté yorouba de Porto-Novo.
Pour contacter Sa Majesté Oba Onikoyi Abessan Aladjachè V, voici son adresse email roioniab@yahoo.fr
Traditionnellement, Onikoyi est le chef de guerre en pays yorouba;
il est chargé du recrutement de guerriers et de la direction des opérations de combat.
L'origine de cet "Orilè" est Ikoyi-Ilé; l'ancêtre mythique est Onikoyi.

ORIKI DE ONIKOYI

Ikoyi ômô agbòn lô na!
Òlôta-Egui yan bi olou
Ômô aléri ikou kan ogoun ôba,
Êchò ki gbòfa l'èhin-Adjè kpé ché
l'ô chagoun! chiga n'iba chgoun abi chigo?
Abogoun bèrè ti-ichè gui è bana?
Êchò gbòfa l'èhin-gbangba iwadjou
Ni nwon fi igba tiwòn! òmò yèyèdjèni
t'o t'ilègbon wa? òlôta yan bi olou,
Ômô aléri ikou kan ogoun òba.
Aròmi m'òtê òrè. Aròmi kpan l'ori-kpan
n'irou bi òguèdè-Onikoyi kosi mi ogoun lò.
Ogoun ni wan léjou ni Ikoyi!
Awon obirin êchò, won ki kpéri " Agbon"
ni Ikoyi ilé-Nidjò ti won ba kpéri
" Agbon" ni Ikoyi ilé, adjè kpé wan wò
kòwan lò ogoun! Ikoyi òmò èrou ôfa;
Awan l'òmò Igoun ori akpé.
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